Le gamin de Paris au XIXe siècle incarne une fascinante dualité, oscillant entre la figure du héros romantique et celle du déclassé de la société parisienne. D'un côté, il est idéalisé par les poètes et les républicains comme l'esprit pur de la liberté, un martyr agile des barricades dont l'insolence brave les tyrans. De l'autre, la bourgeoisie le perçoit comme une "vermine" urbaine, un rejeton dangereux des "classes dangereuses" propageant le vice et le désordre. Cette ambivalence en fait un être de contraste : à la fois "le moineau de Paris", chantant l'espoir dans la boue, et le paria social, menaçant la stabilité de la cité par son errance incontrôlée.
Pourquoi les « blousons noirs » ?
On peut se poser légitiment la question de savoir pourquoi et comment ce terme est apparu, surtout qu’il a fait flores et qu’encore aujourd’hui, 50 ans après, il reste gravé dans les mémoires.
Tout commence le 24 juillet 59, deux bandes de jeunes se donnent rendez-vous au Square Lambert dans le XV arrondissement de Paris pour en découdre. La bagarre n’aura pas lieu en revanche des incidents sont à déplorer dans le quartier (bris de glace, agressions de passants…). Les journalistes vont se saisir de ce fait divers, et de celui concomitant de Bandol (des jeunes en vacances font peur aux touristes) pour faire leur UNE sur la criminalité des jeunes en bande et la dangerosité du phénomène.
En deux jours tous les quotidiens titrent sur la question, aucun vocable n’a encore la prime, on parle soit de « tricheurs » (évocation du film du même nom de M.Carné qui est sorti à l’hiver 58), soit des gangs (référence aux Etats-Unis), soit de bandes de voyous, ou encore de JV (initiales signifiant « jeunes à vérifier » employées par la préfecture).
C’est à partir du 27 juillet à la suite de France-Soir que le terme « blousons noirs » s’impose, partant de la description des jeunes « 10 000 garçons (blousons noirs et polos rouges) » qui deviennent au fil des articles « les blousons noirs », terminologie reprise par le Préfet Papon qui d’une certaine manière le légitime.
Cela sonne bien, c’est évocateur et imagé, c’est adopté ! Dès le 3 août 59 et jusqu’à la fin de 1962 ces deux mots seront systématiquement synonymes de mineurs ayant commis des actes de délinquance.
Ainsi, comme ses voisins, la France a son qualificatif pour désigner sa jeunesse dite dangereuse. Le phénomène est en effet international, et chaque pays trouve des mots spécifiques pour décrire ses bandes de jeunes : des Vitelloni italiens au Teddy Boy anglais en passant par les Taio-Zoku japonais ou les Skunna Folk suédois.
Les jeunes d’ailleurs eux-mêmes s’identifient à ces blousons noirs et prennent vite l’habitude de surnommer leur groupe, ainsi sur le territoire de la Seine fleurissent des bandes répondant à de drôles de noms comme « La bande Fauchman », « La bande des quatre routes », la « BRRJL » (lire : Bande rebelle de la rue Julien Lacroix) ou plus prosaïque « La bande du gorille »
Ainsi naquit le Verbe… Les mots étaient trouvés, et en quelques jours le mythe est devenu réalité
Pourquoi les « blousons noirs » ?
On peut se poser légitiment la question de savoir pourquoi et comment ce terme est apparu, surtout qu’il a fait flores et qu’encore aujourd’hui, 50 ans après, il reste gravé dans les mémoires.
Tout commence le 24 juillet 59, deux bandes de jeunes se donnent rendez-vous au Square Lambert dans le XV arrondissement de Paris pour en découdre. La bagarre n’aura pas lieu en revanche des incidents sont à déplorer dans le quartier (bris de glace, agressions de passants…). Les journalistes vont se saisir de ce fait divers, et de celui concomitant de Bandol (des jeunes en vacances font peur aux touristes) pour faire leur UNE sur la criminalité des jeunes en bande et la dangerosité du phénomène.
En deux jours tous les quotidiens titrent sur la question, aucun vocable n’a encore la prime, on parle soit de « tricheurs » (évocation du film du même nom de M.Carné qui est sorti à l’hiver 58), soit des gangs (référence aux Etats-Unis), soit de bandes de voyous, ou encore de JV (initiales signifiant « jeunes à vérifier » employées par la préfecture).
C’est à partir du 27 juillet à la suite de France-Soir que le terme « blousons noirs » s’impose, partant de la description des jeunes « 10 000 garçons (blousons noirs et polos rouges) » qui deviennent au fil des articles « les blousons noirs », terminologie reprise par le Préfet Papon qui d’une certaine manière le légitime.
Cela sonne bien, c’est évocateur et imagé, c’est adopté ! Dès le 3 août 59 et jusqu’à la fin de 1962 ces deux mots seront systématiquement synonymes de mineurs ayant commis des actes de délinquance.
Ainsi, comme ses voisins, la France a son qualificatif pour désigner sa jeunesse dite dangereuse. Le phénomène est en effet international, et chaque pays trouve des mots spécifiques pour décrire ses bandes de jeunes : des Vitelloni italiens au Teddy Boy anglais en passant par les Taio-Zoku japonais ou les Skunna Folk suédois.
Les jeunes d’ailleurs eux-mêmes s’identifient à ces blousons noirs et prennent vite l’habitude de surnommer leur groupe, ainsi sur le territoire de la Seine fleurissent des bandes répondant à de drôles de noms comme « La bande Fauchman », « La bande des quatre routes », la « BRRJL » (lire : Bande rebelle de la rue Julien Lacroix) ou plus prosaïque « La bande du gorille »
Ainsi naquit le Verbe… Les mots étaient trouvés, et en quelques jours le mythe est devenu réalité
« Gang des Tricheurs …gang des Blousons Noirs …bande de Blousons Noirs », un changement d’appellation qui se réalise progressivement en France, à partir de 1959, pour désigner un groupe de « Blousons Noirs ».
A la rubrique sociologie, un grand dictionnaire encyclopédique définit ainsi le mot « bande » :
« Un groupe de jeunes se fréquentant régulièrement et entretenant des liens étroits sous la conduite d’un leader et versant parfois dans la délinquance ».
La bande est organisée selon l’archétype classique calqué sur la structure du gang : c’est un chef, ses lieutenants et l’égérie qui est respectée et souvent conseillère secrète du leader.
Ce dernier peut être une femme : c’était le cas pour « la bande à Berthe »…
Paris Match titrait en parlant de ces jeunes filles : « elles sont souvent chefs de bande. Débraillées, sales, hirsutes…la « fan » 1961 ne rêve pas elle casse. »
La place des femmes dans la bande c’est aussi la fille « dite facile » qu’on brusque « un peu » pour obtenir ses faveurs. On reprochera en effet de nombreux viols collectifs aux Blousons Noirs.
Des rituels existent dans ce microcosme. Ils nous renvoient aux rites de passage de l’adolescence telles les épreuves du courage ou l’on risque sa vie de la « Fureur de vivre » de Nicholas Ray et des « Jeunes Voyous » d’Auguste Le Breton…ou, plus prosaïquement, façon « Paris Match 1959 » : « Pour entrer dans la bande, pour échanger la blouse et les galoches de l’écolier contre l’uniforme (de blousons noirs), il faut faire ses preuves :
– Tiens petit. Va renverser les tomates de l’épicier…Maintenant, monte sur la passerelle et crache sur les passants, sans te sauver…Voilà une trique. Ce soir tu nous accompagnes « chez les « Saint -Lambert ».
C’est donc à coups de triques et de chaîne de vélo qu’on va défendre son territoire et s’affronter entre bandes. Pour se déplacer à ces « bastons » c’est la « tire » ou la « mob » qu’on emprunte…c’est parfois l’accident…on va aussi au bal, à la fête foraine, au cinéma, aux concerts de rock ou l’on renverse les sièges et on casse…On attribue en effet aux blousons noirs des actes de vandalisme en grand nombre.
Pour se distinguer, il y a les surnoms, les noms de guerre : « Point-bleu, Moustache, le Casseur, Face-plate, Anquetil, la Poupée… » et des signes de reconnaissance : la tête de mort, le trèfle à quatre feuilles et autres insignes…
De 1959 à 1962, ces bandes de « Blousons Noirs » ont été diabolisées par une grande partie des médias.
Elles n’étaient en fait qu’une microsociété, refuge pour une partie de la jeunesse en mal de vivre, à la recherche de sensations et de reconnaissance.
Au-delà de ces traits communs, le gamin a une face de lumière et une face d'ombre. Il peut être présenté comme farceur, gouailleur, indiscipliné mais bon, généreux, courageux, comme dans la pièce que Bayard et Vanderburch lui consacrent et qui fut jouée plus de 300 fois par Bouffée, acteur célèbre sous la Monarchie de Juillet. Le plus souvent, cet enfant errant (le vagabondage est à la source de toute les déviances), émeutier en puissance, ami de tous les désordres, effraye. Le gamin de Paris appartient indiscutablement "aux classes dangereuses". Dés 1831, Auguste Barbier, auteur de Iambes et poèmes, transforme les petits patriotes de A. de Sainte en voyous :
La race de Paris, c'est le pâle voyou
Au corps chétif, au teint jaune comme un vieux sou ;
C'est l'enfant criard que l'on voit à toute heure
Paresseux et flânant, et loin de sa demeure
Battant les maigres chiens, ou le long des grands murs
Charbonnant en sifflant mille croquis impurs ;
Cet enfant ne croit pas, il crache sur sa mère,
Le nom de ciel pour lui n'est qu'une farce amère ;
C'est le libertinage enfin en raccourci ;
Sur un front de quinze ans c'est le vice endurci.
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Dans l'iconographie, nous retrouvons les deux faces du gamin. A la tendresse d'un Gavarnie ou d'un Charlet répond la dureté d'un Travies ou d'un Markl.
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La Gazette des tribunaux
Vendredi 11 octobre 1837
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Illustration de Gavarni
“Le Gamin de Paris” de Jules Janin dans Les Français peints par eux-mêmes
Paris, 1840
En 1862, après la publication des Misérables, le gamin de Paris se personnalise. Plus encore que Joseph, le premier rôle de la pièce jouée par Bouffé, Gavroche, généreux, drôle et courageux, est un héros positif. Le vicomte d'Haussonville déplore, en 1878, dans la Revue des Deux Mondes, cette héroïsation « hugolienne » : Ce type bien connu, écrit-il, devient, sur la scène ou dans la fiction, le gamin de Paris de Bouffé ou le Gavroche des Misérables, c’est-à-dire un mélange attrayant d’esprit, de courage et de sensibilité. Dans la réalité, c’est un être profondément vicieux, familier depuis son jeune âge avec les dépravations les plus raffinées, un mélange de ruse, de couardise et, un jour donné, de férocité.
Malgré cette ultime tentative, après la publication des Misérables, comme le note joliment l'historien Frédéric Chauvaud, la profusion des images s’évanouit. Alors même que les appréhensions partiellement ou totalement négatives l’emportaient, survit essentiellement dans la mémoire collective l’image de cet enfant partageant le peu qu’il possède avec plus déshérité que lui, avant de mourir héroïquement sur une barricade au nom de la Liberté.
Les nombreuses images de Gavroche qui fleurissent dans les multiples éditions illustrées du plus célèbre roman de Victor Hugo, renforcent le caractère lumineux du personnage : Gavroche est toujours mis en scène dans ses belles actions.
En 1862, après la publication des Misérables, le gamin de Paris se personnalise. Plus encore que Joseph, le premier rôle de la pièce jouée par Bouffé, Gavroche, généreux, drôle et courageux, est un héros positif. Le vicomte d'Haussonville déplore, en 1878, dans la Revue des Deux Mondes, cette héroïsation « hugolienne » : Ce type bien connu, écrit-il, devient, sur la scène ou dans la fiction, le gamin de Paris de Bouffé ou le Gavroche des Misérables, c’est-à-dire un mélange attrayant d’esprit, de courage et de sensibilité. Dans la réalité, c’est un être profondément vicieux, familier depuis son jeune âge avec les dépravations les plus raffinées, un mélange de ruse, de couardise et, un jour donné, de férocité.
Malgré cette ultime tentative, après la publication des Misérables, comme le note joliment l'historien Frédéric Chauvaud, la profusion des images s’évanouit. Alors même que les appréhensions partiellement ou totalement négatives l’emportaient, survit essentiellement dans la mémoire collective l’image de cet enfant partageant le peu qu’il possède avec plus déshérité que lui, avant de mourir héroïquement sur une barricade au nom de la Liberté.
Les nombreuses images de Gavroche qui fleurissent dans les multiples éditions illustrées du plus célèbre roman de Victor Hugo, renforcent le caractère lumineux du personnage : Gavroche est toujours mis en scène dans ses belles actions.
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Dans L’Année terrible, Victor Hugo met en scène un jeune combattant de la Commune.
Sur une barricade
Sur une barricade, au milieu des pavés Souillés d’un sang coupable et d’un sang pur lavés, Un enfant de douze ans est pris avec des hommes. – Es-tu de ceux-là, toi ? – L’enfant dit : nous en sommes. – C’est bon, dit l’officier, on va te fusiller. Attends ton tour. – L’enfant voit des éclairs briller, Et tous ses compagnons tomber sous la mitraille. Il dit à l’officier : Permettez-vous que j’aille Rapporter cette montre à ma mère chez nous ? – Tu veux t’enfuir ? – Je vais revenir. – Ces voyous Ont peur ! Où loges-tu ? – Là, près de la fontaine. Et je vais revenir, monsieur le capitaine. – Va-t-en, drôle ! – L’enfant s’en va. – Piège grossier ! Et les soldats riaient avec leur officier, Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle ; Mais le rire cessa, car soudain l’enfant pâle, Brusquement reparu, fier comme Viala, Vint s’adosser au mur et leur dit : Me voilà.
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L’année terrible
Victor Hugo
Paris, 1872
Dans L’Année terrible, Victor Hugo met en scène un jeune combattant de la Commune.
Sur une barricade
Sur une barricade, au milieu des pavés Souillés d’un sang coupable et d’un sang pur lavés, Un enfant de douze ans est pris avec des hommes. – Es-tu de ceux-là, toi ? – L’enfant dit : nous en sommes. – C’est bon, dit l’officier, on va te fusiller. Attends ton tour. – L’enfant voit des éclairs briller, Et tous ses compagnons tomber sous la mitraille. Il dit à l’officier : Permettez-vous que j’aille Rapporter cette montre à ma mère chez nous ? – Tu veux t’enfuir ? – Je vais revenir. – Ces voyous Ont peur ! Où loges-tu ? – Là, près de la fontaine. Et je vais revenir, monsieur le capitaine. – Va-t-en, drôle ! – L’enfant s’en va. – Piège grossier ! Et les soldats riaient avec leur officier, Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle ; Mais le rire cessa, car soudain l’enfant pâle, Brusquement reparu, fier comme Viala, Vint s’adosser au mur et leur dit : Me voilà.

Illustration de Gustave Brion
"Les Misérables" de Victor Hugo
Après le dernier grand soubresaut révolutionnaire du XIXème siècle, si l’on en croit Pierre Larousse, « le gamin admirablement dépeint par Victor Hugo, se fait rare, grâce à la sévérité des lois sur le vagabondage ; on rencontre bien quelques pâles voyous ; mais le vrai gamin, le gavroche dont le romancier nous a laissé l’inimitable portrait, est disparu ».
En fait le gamin ne disparaît pas totalement, mais c’est sous une forme bien abâtardie qu’il survit. Par exemple, en 1879, dans le Journal des voyages, sous la plume de Louis Boussenard notre héros, trahissant la liberté qu’il avait chérie jusqu’à la mort (!), entreprend un périple autour du monde qui semble destiné à promouvoir la politique coloniale de la France. Le feuilleton sera repris en volumes.
Dans le dernier quart du XIXème siècle, le gamin est devenu une image anecdotique, et s’il est encore représenté, il est très largement déréalisé. Comme le petit Savoyard ou la Bretonne en coiffe, il relève de plus en plus d’un folklore suranné.
Un autre type le remplace : le gosse des rues, le môme de la Butte.
Les représentations de l’enfance à la Belle Époque ; la production des Naudin, Steinlen, Willette ou Poulbot mériterait une exposition. Ajoutons, qu’à côté du gosse, une autre figure juvénile inquiétante prend forme : l’Apache.
Après le dernier grand soubresaut révolutionnaire du XIXème siècle, si l’on en croit Pierre Larousse, « le gamin admirablement dépeint par Victor Hugo, se fait rare, grâce à la sévérité des lois sur le vagabondage ; on rencontre bien quelques pâles voyous ; mais le vrai gamin, le gavroche dont le romancier nous a laissé l’inimitable portrait, est disparu ».
En fait le gamin ne disparaît pas totalement, mais c’est sous une forme bien abâtardie qu’il survit. Par exemple, en 1879, dans le Journal des voyages, sous la plume de Louis Boussenard notre héros, trahissant la liberté qu’il avait chérie jusqu’à la mort (!), entreprend un périple autour du monde qui semble destiné à promouvoir la politique coloniale de la France. Le feuilleton sera repris en volumes.
Dans le dernier quart du XIXème siècle, le gamin est devenu une image anecdotique, et s’il est encore représenté, il est très largement déréalisé. Comme le petit Savoyard ou la Bretonne en coiffe, il relève de plus en plus d’un folklore suranné.
Un autre type le remplace : le gosse des rues, le môme de la Butte.
Les représentations de l’enfance à la Belle Époque ; la production des Naudin, Steinlen, Willette ou Poulbot mériterait une exposition. Ajoutons, qu’à côté du gosse, une autre figure juvénile inquiétante prend forme : l’Apache.